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UFG-LFP : l'ISR ne nuit pas, loin de là
03/12/2009 - Philippe Maupas
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Une étude empirique montre que le filtre ISR est bon pour un portefeuille actions zone euro

Depuis des années, praticiens et universitaires cherchent à mesurer l'impact d'une approche extra-financière sur la performance d'un portefeuille. Les conclusions des praticiens dépendent de leur intérêt : les fournisseurs de produits ISR les jugent soit supérieurs, soit équivalents à des produits sans filtre ISR ; les fournisseurs de produits non ISR, quand ils ont une opinion à ce sujet, indiquent que l'approche ISR, en restreignant l'univers d'investissement, ne peut que dégrader la performance d'un portefeuille. Quant aux universitaires, les conclusions varient en fonction de l'échantillon utilisé, des périodes étudiées et des méthodes.

UFG-LFP vient d'apporter sa contribution, par le biais d'une étude dont les résultats ont été publiés dans Les Cahiers de la Recherche, publiés par la direction de la recherche de la société de gestion.

UFG-LFP fait partie des praticiens de l'ISR, gère et commercialise une gamme étoffée de fonds ayant adopté une approche ISR, grâce notamment à l'expertise de sa filiale UFG Sarasin AM.

Méthodologie

UFG-LFP a innové en utilisant des portefeuilles sans biais par rapport à leur univers de référence, composés exclusivement sur la base d'une méthode unique et constante dans le temps d'affectation de notes ISR. Cette méthode est appliquée par LFP-Sarasin AM (auparavant Sarasin AM France) à partir d'une méthodologie mise en oeuvre par la Banque Sarasin depuis 1989, la Matrice Sarasin ("Sustainability Matrix"), décrite ici.

UFG-LFP a donc constitué, au sein de l'univers de l'indice Dow Jones Eurostoxx 300 (actions de la zone euro), 2 portefeuilles de 50 valeurs chacun, composés pour l'un des titres ayant les notes ISR les plus élevées (le portefeuille "Best of ISR", ci-après BoI), et pour l'autre des titres ayant les notes ISR les plus mauvaises (le portefeuille "Worst of ISR", ci-après WoI). Ces notes sont issues de la Matrice Sarasin et, pour une partie de la période étudiée, des notes Vigéo.

Ces portefeuilles ont été étudiés sur une période allant du 30 décembre 2004 au 30 septembre 2009.

Il est à noter que l'étude a porté sur des données hors dividendes. Il conviendrait de s'assurer que les valeurs bien notées et les valeurs mal notées n'ont pas des comportements différents en termes de distribution, qui viendraient biaiser les résultats.

Résultats

Le portefeuille BoI enregistre une performance positive de 16.28% sur la période, contre -1.63% au portefeuille WoI et -0.87% pour l'indice Dow Jones Eurostoxx 300.

La surperformance du portefeuille des bons élèves de l'ISR est manifeste sur les périodes de baisse de l'indice. En période de hausse, ce sont plutôt les cancres qui gagnent, comme le montre le tableau ci-dessous. Mais au final, ce sont les bons élèves qui gagnent.

Le portefeuille BoI a en outre un meilleur ratio de Sharpe, une meilleure Skewness (coefficient d'asymétrie) et une meilleure Kurtosis (coefficient d'aplatissement), ce qui dénote un meilleur profil risque/rendement que celui du portefeuille WoI.

Conclusions

Les 3 responsables de l'étude, Nadia Khelil, Jacques Ninet et Bacem Rezgui, pensent avoir isolé l'impact de la sélection extra-financière grâce à leur méthodologie, et démontré que le filtre ISR ne réduit pas la performance d'un portefeuille.

Il serait intéressant que d'autres organismes reprennent la méthodologie employée en utilisant un autre référentiel ISR que celui de Sarasin, tant il est vrai que les notions d'ISR restent très hétérogènes, dépendant notamment de représentations culturelles qui peuvent être très différentes.

Enfin, cette méthodologie n'est appliquée en l'état dans aucun fonds ISR géré par UFG-LFP. Elle repose sur des méthodes exclusivement "mécaniques", alors qu'un gérant actif va utiliser une grille de lecture financière au sein de l'univers des valeurs éligibles de par leur note ISR.

Le débat est très loin d'être terminé, cette étude y apporte une contribution intéressante et nouvelle, mais l'ISR ne pourra prendre son essor aussi longtemps que les fonds ISR ne seront pas largement disponibles auprès de différents canaux de distribution, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Seuls quelques contrats d'assurance vie offrent accès à des fonds ISR, comme ISR Vie. Et pourtant, l'époque est propice à une autre approche de l'investissement. Distributeurs de fonds, à vos marques...

 


Philippe Maupas, CFA, CAIA, CIPM, est co-fondateur de Quantalys et éditorialiste.

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