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Europe Emergente : fort potentiel, risque élevé
08/10/2009 - Philippe Maupas
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20 ans après la chute du mur, l'Europe émergente présente toujours un fort potentiel boursier

Lors d'une réunion organisée à Paris le 6 octobre 2009 par East Capital, la société de gestion suédoise spécialiste de cette zone, Marcus Svedberg, économiste, et Aivaras Abromavicius, gérant et associé, ont fait un bilan économique et boursier de la zone Europe émergente 20 ans après la chute de Berlin.

Des changements considérables en 20 ans

La situation politique et économique a radicalement changé en 20 ans : des institutions démocratiques se sont mises en place dans la quasi totalité de la zone et les économies se sont ouvertes.

Marcus Svedberg a rappelé que la progression durant ces 20 années n'a pas été linéaire, loin s'en faut : jusqu'au 1992, la quasi totalité des pays de la zone a connu des décroissances considérables de son PIB et une inflation très élevée. A partir de 1998, la croissance économique annuelle a été robuste et l'inflation très faible, permettant aux différents pays de débuter leur phase de rattrapage par rapport aux économies plus développées d'Europe de l'Ouest. Enfin, à l'exception de la Pologne, tous les pays de la zone connaissent un trou d'air depuis 2008. East Capital pronostique un niveau de croissance annuelle entre 4 et 5% à partir de 2011.

Pour Svedberg, l'Europe émergente connaît un problème ponctuel de financement plutôt qu'une crise de la dette : la dette souveraine reste à des niveaux bas par rapport à celle de la zone euro (environ la moitié) et la dette privée est également à un niveau bas, même si dans certains pays elle a crû trop rapidement.

Après la faillite de Lehman Brothers, la crise de liquidités mondiale a conduit certains pays de la zone a connaître des difficultés de paiement, mais le FMI, en prêtant 82 milliards de dollars aux pays les plus vulnérables, leur a permis de ne pas faire défaut.

Le début d'une nouvelle ère ?

Pour East Capital, la récession sera plus sévère et plus longue que celle de 1998, la reprise sera plus délicate pour certains pays, mais le caractère conditionnel des avances du FMI garantit que la crise sera mise à profit pour imposer des mesures structurelles.

Et East Capital de conclure que l'Europe émergente retrouvera des taux de croissance très supérieurs à ceux des économies d'Europe de l'Ouest, car elle ne souffre pas d'un endettement structurel et excessif.

Investir sur la zone : sélectivité

Selon Aivaras Abromavicius, le volume de trading est revenu à ses niveaux d'avant-crise et les valorisations, très attractives en raison de la baisse considérable enregistrée en 2008, suscitent un regain d'activité en matière de fusions et acquisitions. Le rebond depuis le début de l'année a été très spectaculaire, largement supérieur dans la zone à celui des marchés développés, mais les valorisations restent à un niveau très éloigné du plus haut historique.

Selon East Capital, la Russie reste très sous-valorisée par rapport à ses pairs, quelle que soit la mesure utilisée. Mais les pays de la zone présentent des caractéristiques très hétérogènes et il convient d'être sélectif dans le choix des valeurs : la Russie et autres les pays de la Communauté des Etats Indépendants ont une forte sensibilité au cours des matières premières ; les pays d'Europe Centrale dépendent des économies d'Europe de l'Ouest, vers lesquelles ils exportent une partie importante de leur production ; les pays Baltes, mal en point financièrement, sont confrontés à des problèmes de compétitivité ; et la Turquie mène des négociations difficiles avec l'Union Européenne, qui pourraient freiner sa croissance.

East Capital reste très positif sur la zone, à qui il reste encore un long chemin à parcourir pour combler l'écart de richesse avec les pays d'Europe de l'Ouest, mais rappelle que ces marchés connaissent parfois de très fortes baisses et que seuls les investisseurs acceptant une forte dose de volatilité peuvent s'y exposer.

Dans quels fonds investir ?

Par principe, nous conseillons une diversification géographique et sectorielle importante, y compris pour s'exposer aux marchés émergents. En priorité, nous recommandons donc d'investir dans des fonds émergents globaux.

Si vous souhaitez néanmoins prendre une position sur les marchés d'Europe Emergente, choisissez un fonds s'exposant à la totalité de la zone. Eu égard au poids dominant de la Russie, un tel fonds vous exposera à l'économie russe, mais également aux autres pays de la zone : Pologne, République Tchèque, Hongrie et Turquie, ainsi qu'aux places plus périphériques (pays baltes, balkans, pays de la Communauté des Etats Indépendants hors Russie).

Parmi les fonds East Capital, on pourra investir dans East Capital Eastern European Fund, ou, pour les investisseurs qu'un fonds en couronne suédoise rebute, dans la version luxembourgeoise et en euro, East Capital (Lux) Eastern European.

Un autre bon spécialiste de la région est la société de gestion autrichienne Raiffeisen Capital Management : on pourra s'intéresser au fonds Raiffeisen Osteuropa Aktien.

Les partisans d'une approche passive pourront investir dans l'ETF iShares MSCI Eastern Europe 10/40. Pour mémoire, un ETF essaie de répliquer la performance d'un indice de marché : il ne fera jamais mieux. Il convient donc de regarder avec attention la composition de l'indice que l'ETF réplique pour évaluer le risque de l'investissement : au 1er septembre 2009 (source www.ishares.fr), Lukoil est la première position de l'indice MSCI Eastern Europe 10/40 (9,81%) et Gazprom la deuxième (9,32%), le poids du secteur de l'énergie étant de 38,77% (premier secteur devant la finance). Cet indice est clairement très exposé à ce dernier secteur, à l'investisseur de décider s'il est haussier sur les valeurs pétrolières et gazières.

Pour investisseurs avertis

Quelques graphiques pour illustrer la volatilité des fonds investis sur les marchés d'Europe émergente. Tout d'abord, sur longue durée (du 15/1/1999 au 2/10/2009, la moyenne de la catégorie Quantalys Actions pays émergents Europe a enregistré une performance annualisée de 11,28%, avec une volatilité annualisée de 25,87%.

En revanche, entre le 7/12/2008 et le 6/03/2009, mieux valait ne pas être exposé à cette zone, puisque la performance moyenne cumulée de la catégorie s'est élevée (façon de parler) à -70,02% (soit -61,29% en annualisé) pour une volatilité annualisée supérieure à 47%.

Le rebond a depuis été spectaculaire, avec une performance moyenne de 82,74% entre le 6/03/2009 et le 2/10/2009.

Le market timing (à savoir le choix de la "bonne" période pour entrer sur un marché et en sortir) étant un art aléatoire, mieux vaut avoir le coeur très bien accroché pour investir sur ces marchés.

 


Philippe Maupas, CFA, CAIA, CIPM, est co-fondateur de Quantalys et éditorialiste.

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