Observatoire : les frais

Publié le 20/05/2014 - Philippe Maupas
Combien vous coûte la gestion des fonds de l'Observatoire de la Gestion Flexible? Revue de détail

Investir en fonds coûte, et les frais les plus élevés sur la durée ne sont pas les plus visibles, au contraire. La société de gestion du fonds tire sa rémunération des frais de gestion qu'elle facture au fonds. Ces frais de gestion viennent en déduction de la valeur liquidative du fonds et sont donc totalement indolores pour l'investisseur. Ils n'en sont pas moins prélevés sur l'argent confié par l'investisseur à la société de gestion et à ce titre méritent une attention particulière.

On notera que la société de gestion n'empoche pas la totalité des frais : quand elles existent, les commissions de mouvement peuvent revenir en partie ou en totalité au dépositaire (mais aussi en partie ou en totalité à la société de gestion), les frais indirects ne sont pas effectivement perçus mais encourus par le fonds (et perçus par les sociétés de gestion des fonds en portefeuille déduction faite d'éventuelles rétrocessions qui sont acquises au fonds investissant). Quant à la partie revenant effectivement à la société de gestion (les frais de gestion directs principalement), une partie sert à rémunérer l'intermédiaire. Ceci étant, ce qui importe à l'investisseur final, c'est ce que la gestion lui coûte, pas la répartition des frais entre les différents intervenants.

Toutes choses égales par ailleurs, plus faibles sont les frais de gestion facturés par la société de gestion au fonds, meilleure est la performance pour l'investisseur. Il est donc important d'évaluer périodiquement le coût de la gestion des fonds : tant pour l'investisseur cherchant à maximiser sa performance que pour le conseiller devant s'assurer du bon emploi de l'argent de ses clients.

Les OPCVM commercialisés sur le marché français doivent publier une fois par an le montant des frais facturés à chacune des parts de leurs différents fonds. Depuis l'entrée en vigueur du DICI (Document d'Informations Clés pour l'Investisseur), la présentation de ces frais est même normée dans toute l'union européenne, ce qui permet de comparer les fonds.

Pour chaque part de fonds ayant au moins un exercice clôturé, la société de gestion doit indiquer le niveau des frais effectivement facturés à la part en distinguant les frais prélevés sur une année, appelés frais courants, des frais prélevés dans certaines circonstances, qui regroupent la commission de performance.

Les frais courants peuvent être supérieurs au montant maximum des frais de gestion indiqué dans le prospectus du fonds, car peuvent s'y ajouter les frais encourus au titre de l'investissement dans d'autres OPCVM et les commissions de mouvement, cette particularité française que le régulateur s'honorerait à interdire.

Malheureusement, depuis l'entrée en vigueur du DICI, la distinction entre frais de gestion directs, frais indirects et commissions de mouvement n'est plus fournie.

Sur la base du plus récent prospectus/DICI disponible sur le site de l'AMF pour les fonds de droit français ou sur le site de la société de gestion pour les fonds domiciliés hors de France, nous avons compilé les frais courants et les commissions de performance des fonds de l'Observatoire.

Toutes ces données ne sont pas arrêtées à la même date : les fonds ont des exercices comptables qui peuvent différer, certaines sociétés de gestion sont plus rapides que d'autres à mettre à jour leurs prospectus, d'autres ne respectent pas les délais légaux.

On notera que le fonds Optilia Diversifié a changé d'objectif d'investissement, de nom et de catégorie au 30 avril 2014 et ne fait plus partie de l'Observatoire de la gestion flexible. Il est néanmoins inclus dans cette étude couvrant une période durant laquelle il s'agissait bien d'un fonds flexible.

 

Les frais courants les plus élevés

Sont mentionnés dans le tableau ci-dessous les fonds ayant facturé des frais courants supérieurs à 3% lors de leur dernier exercice clôturé. Il nous semble en effet qu'un tel niveau de frais ne permet pas de viser sereinement un objectif de valorisation du capital de l'investisseur sur 3 à 5 ans.  Pour atteindre une performance annuelle nette comprise entre 4% et 6%, il faut en effet réaliser une performance brute minimum de 7% à 10%, ce qui implique à nos yeux une prise de risque élevée, sans garantie d'atteindre l'objectif.

Les frais de gestion les plus élevés sont à mettre au crédit de Montbleu Finance, qui a facturé à Montbleu Terra 4.62% lors de l'exercice clôturé au 30/12/2013, un niveau incroyablement élevé. La performance 2013 du fonds s'est élevée à -15.47%. Les frais de fonctionnement et de gestion s'élevant au plus à 2,40%, c'est donc au minimum 2,22% qui ont été facturés en plus au titre des frais indirects (investissements dans d'autres OPCVM) et des commissions de mouvement (qui reviennent pour 90% à la société de gestion d'après le prospectus). Ajoutons à cela une commission de performance de 10% se déclenchant au-delà d'un seuil annuel très élevé (20%) sans high water mark (mécanisme consistant à empêcher tout versement de la commission de surperformance tant que le fonds n'a pas dépassé son précédent plus haut), et nous avons la pire structure de frais des fonds de l'Observatoire.

Deuxième place de cet anti-palmarès pour RP Sélection Carte Blanche, avec des frais courants de 4.42% pour l'exercice clôturé le 30 décembre 2013.  Les frais de gestion maximum de ce fonds de la SPGP s'élevant à 2.4%, ce sont donc au minimum 2,02% de frais supplémentaires qui ont été facturés (le prospectus ne précise pas la part de commissions de mouvement revenant à la société de gestion). Ce fonds facturant en outre une commission de performance de 11,96% se déclenchant au-delà d'une performance annuelle de 10%, sans high water mark, sa structure de coût n'est clairement pas alignée avec les intérêts des investisseurs qui ont payé au total 6,65% de frais en 2013 et ont obtenu une performance de 21,6%.

3ème ex-aequo, Harmonis Réactif, un fonds d'Avenir Finance Investment Managers, qui a facturé des frais courants de 3,66% lors de son dernier exercice (clôturé le 28/6/2013), pour des frais de gestion d'au plus 1,75%, soit 1,91% de frais supplémentaires (le fonds facture des commissions de mouvement, sans détail sur la répartition dans le prospectus). Avec la commission de surperformance de 0,98% (20% au-delà de la performance de l'indice composite du fonds, sans high water mark), les frais totaux de l'exercice se sont élevés à 4,64% et la performance du 1er juillet 2012 au 30 juin 2013 à 12,96%.

L'autre 3ème est Amplégest Proactif, avec 3,66% de frais courants lors de l'exercice 2013. Les frais de gestion maximum s'élevant à 2%, ce sont 1,66% qui ont été prélevés en plus au titre des frais indirects (ce fonds est en effet un fonds de fonds et est soumis aux frais de gestion des fonds dans lesquels il investit) et des commissions de mouvement (ces dernières revenant pour ce fonds à 100% au dépositaire). La commission de surperformance (18% de la performance au-delà d'EONIA + 2% sans high water mark) a représenté 2,62%, pour un total de frais de 6,28% et une performance 2013 de 9,93% pour le fonds d'Amplégest.

5ème place pour un fonds dont les derniers données disponibles sont relatives à l'exercice 2012DNCA Evolutif PEA. Avec des frais courants de 3,33% pour des frais de gestion maximum de 2,39%, ce fonds facture donc au minimum 0,94% de frais supplémentaires au titre des commissions de mouvement et des frais indirects, dont la part société de gestion est de 95% maximum (ce niveau très élevé nous semble indigne de la taille et de l'envergure internationale atteintes par DNCA Finance, espérons qu'il a été réduit en 2013). La performance 2012 du fonds s'est élevée à 7,93%.

6ème place pour Amaïka 60, avec des frais courants 2013 de 3,25%. Les frais de gestion fixes du fonds d'Amaïka AM s'élevant à 2%, ce sont 1,25% de frais supplémentaires qui ont été facturés, tant au titre des commissions de mouvements (qui sont facturées au fonds mais dont le prospectus ne mentionne pas la part revenant à la société de gestion) que des frais indirects encourus au titre de l'investissement dans d'autres OPCVM, Amaïka 60 étant un fonds de fonds (on notera que ces frais indirects ne sont pas perçus par la société de gestion mais bien entendu par les sociétés de gestion des fonds en portefeuille). La commission de surperformance (20% au delà d'EONIA + 1%) s'est élevée à 1,34% et les frais totaux de l'exercice 2013 à 4,59%, pour une performance du fonds de 6,1%

7ème place pour Dorval Convictions PEA, le fonds flexible PEA de Dorval Finance, avec des frais courants de 3,21% pour l'exercice 2013. Les frais de gestion maximum s'élevant à 1,6%, les frais supplémentaires (commissions de mouvement perçues à la fois par la société de gestion et le dépositaire dans des proportions non indiquées dans le prospectus et frais indirects) se sont élevés au minimum à 1,61%, un montant très élevé. La commission de surperformance, représentant 20% de la performance du fonds (si celle-ci est positive) au-delà de l'indicateur de référence (sans high water mark) s'est élevée à 2,05% et le total des frais à 5,26%. La performance 2013 du fonds a été de 19,93%.

Epargne Patrimoine est 8ème de ce palmarès des frais courants les plus élevés, avec 3,1% en 2013 (soit 1,6% de frais de gestion fixes, 0,2% de frais indirects - investissements dans d'autres OPCVM - et 1,3% de commissions de mouvement, un montant élevé). La commission de surperformance (11,96% au-delà de la performance de l'indicateur de référence sans high water mark) s'est élevée à 0,19%, pour un total de frais de 3,29% et une performance 2013 de 8,34%.

Dernier fonds de l'Observatoire au-delà de 3% de frais courants lors du dernier exercice et 8ème ex aequo, DNCA Evolutif, un autre fonds de DNCA Finance. Avec des frais courants 2013 de 3,1% et des frais de gestion maximum de 2,39%, ce sont donc au minimum 0,71% de commissions de mouvement qui ont été facturées, revenant à la société de gestion pour 95% au plus. La performance 2013 du fonds s'est élevé à 18,1%.

 

Les frais courants entre 2,5% et 3%

Voici, sans commentaires, la liste des fonds ayant des frais courants compris entre 2,5% et 3%. Ce niveau est encore trop élevé à une époque de taux d'intérêt faibles pour garantir sur la durée une performance raisonnable au porteur de parts, obtenue sans prise de risques excessive.

 

Les frais courants  les moins élevés

Le tableau ci-dessous liste les frais courants inférieurs à 1.50% lors du dernier exercice comptable clôturé. Un faible niveau de frais n'est pas nécessairement synonyme de bonne performance, mais il ne s'y oppose évidemment pas, bien au contraire.

On notera ce paradoxe : les fonds ayant les frais courants les plus élevés ont presque tous une commission de surperformance, ceux ayant les frais courants les moins élevés n'en ont souvent pas. A notre avis, ça devrait être l'inverse (voir le paragraphe consacré aux commissions de surperformance ci-après).

 

Les frais courants des stars

Le tableau ci-dessous reprend une sélection discrétionnaire de vos flexibles préférés parmi les fonds de l'Observatoire (voir ici votre palmarès d'avril) : on a vu ci-dessus que DNCA Evolutif et HMG Rendement avaient des frais courants trop élevés.

Invesco Balanced-Risk Allocation Fund n'est pas bon marché eu égard à sa taille : 2,15%.

Sextant Grand Large est juste au-dessus de notre limite de 2% pour les fonds ayant une commission de surperformance (voir ci-dessous), à 2,03%

M&G Dynamic Allocation Fund est à 1,93%, sans commission de surperformance, rien à dire. Même commentaire pour Rouvier Valeurs, encore moins cher à 1,82%.

Carmignac Patrimoine a facturé 1,77% en 2013. Les frais de gestion fixes étant de 1,5%, c'est au minimum 0,27% de commissions de mouvement qui ont été facturées au fonds, perçues intégralement par la société de gestion. Difficile à comprendre au regard de la taille et de l'implantation internationale de Carmignac Gestion.

CPR Croissance Réactive a facturé 1,71% en 2012, plus une commission de surperformance de 0,5% (25% de la performance au-delà de celle de l'indicateur de référence, un taux trop élevé).

R Valor, à 1,69% et R Club, à 1,58%, tous les deux sans commission de surperformance, ne sont pas chers.

Arty a facturé 1,5% en 2013 plus 0,87% de commission de surperformance, sur un indice dont la composante actions est enfin dividendes réinvestis.

Enfin, Eurose, à 1,41% en 2013 et sans commission de surperformance, est très attractivement tarifé au regard de ses bonnes performances.

 

Les commissions de mouvement

On ne répètera pas (trop) ici tout le mal que nous pensons des commissions de mouvement (voir ici). Les fonds de l'Observatoire domiciliés hors de France n'en facturent pas (c'est interdit dans les pays ayant un droit boursier de type anglo-saxon et de facto banni presque partout ailleurs). Sur les 58 fonds de droit français de l'Observatoire, seuls 6 (10%) n'ont pas de commissions de mouvement. Sans surprise, ils ont également des frais courants raisonnables, tous inférieurs à 2,5%.

Les 52 autres fonds de droit français facturent des commissions de mouvement. Dans 14 cas, l'intégralité de ces commissions de mouvement va au dépositaire et ne bénéficie pas à la société de gestion, qui n'a donc aucun intérêt financier à faire tourner le portefeuille sans justification. Dans 2 de ces 14 cas (fonds en rouge dans le tableau ci-dessous), le dépositaire fait partie du même groupe que la société de gestion, c'est donc une entité liée qui perçoit les commissions de mouvement et l'incitation à les supprimer est limitée.

La colonne "Différence" correspond à la différence entre les frais courants et les frais de gestion maximum du prospectus, et fournit donc le montant minimum des frais supplémentaires facturés au fonds (frais indirects liés à l'investissement dans d'autres OPCVM et commissions de mouvement).

Les sociétés de gestion des 38 autres fonds facturant des commissions de mouvement en perçoivent tout ou partie, en voici la liste, avec la clé de répartition de ces commissions pour la société de gestion (le dépositaire peut également percevoir tout ou partie des commissions de mouvement). Une différence négative implique que la société de gestion a appliqué des frais de gestion réels inférieurs au maximum prévu.

 

Les commissions de surperformance

Ces dernières ont vu le jour en gestion alternative (les hedge funds), univers dans lequel la norme en matière de frais a longtemps été caractérisée par 2/20 : 2% de frais de gestion fixe et 20% de la surperformance. Cette dernière s'apprécie généralement par rapport à un seuil absolu suffisamment élevé, avec un mécanisme dit de "High Water Mark", consistant à empêcher tout versement de la commission de surperformance tant que le fonds n'a pas dépassé son précédent plus haut. Les plus grand investisseurs mondiaux continuent de taper aux portes des meilleurs hedge funds, mais le principe du 2/20 est aujourd'hui discuté, et certains gérants de hedge funds ont dû diminuer les frais de gestion fixes et parfois même les frais variables, notamment depuis l'affaire Madoff.

Rien de tout cela dans la gestion flexible en France : les frais de gestion fixes des fonds destinés à tous les investisseurs sont généralement très supérieurs à 2% (on l'a vu ci-dessus), la part de la commission de surperformance revenant à la société de gestion oscille entre 10% et 25%, il n'y a que très rarement un High Water Mark. En bref, nous avons importé le meilleur du système des hedge funds (pour la société de gestion) tout en évitant soigneusement (sauf exception) d'en prendre la partie en faveur de l'investisseur (le High Water Mark), soit une asymétrie maximum en faveur de la société de gestion : voici l'exemple même d'un système dans lequel les contre-pouvoirs sont inexistants, qu'il s'agisse des intermédiaires, supposés défendre les intérêts de leurs clients, ou des investisseurs eux-mêmes.

Sur les 70 fonds de l'Observatoire, 47 ont une commission de surperformance (67%), 23 n'en ont pas (33%). Sur les 47 fonds ayant une commission de surperformance, 9 ont un système de High Water Mark (19%), 38 n'en ont pas (81%).

Voici les 9 fonds ayant un système de High Water Mark, l'indice utilisé pour apprécier la surperformance et le pourcentage de celle-ci revenant à la société de gestion.

Un taux de 25% nous semble beaucoup trop élevé : pour des fonds n'ayant pas vocation à délivrer une performance absolue, 15% nous semble un maximum. Les fonds prélevant 25% de la surperformance sont en rouge.

La mise en place d'une commission de surperformance doit aller de pair avec des frais courants raisonnables et en tout état de cause inférieurs à ce qu'ils seraient en l'absence de commission de surperformance. En rouge ci-dessus les frais courants qui ne nous semblent pas compatibles avec une commission de surperformance (à savoir plus de 2%). En vert les niveaux de frais courants compatibles avec l'existence d'une commission de surperformance.

En ce qui concerne l'indicateur de référence ou le seuil utilisé pour apprécier la surperformance, on constate une grande disparité. Un seuil absolu (6 ou 7% par exemple) semble séduisant, mais ne sera pas équitable en présence d'inflation. Pour les fonds ayant un High Water Mark, nous recommandons plutôt d'utiliser un indice obligataire capitalisé ayant une durée en phase avec la durée minimum d'investissement recommandée (par exemple le TEC 5 ou 7 ans) plus une marge (entre 2 et 5% selon le profil de risque du fonds) : l'EONIA étant un indice au jour le jour ne nous semble pas pertinent pour des fonds ayant une durée d'investissement minimum recommandée rarement inférieure à 5 ans, encore moins quand il n'y a pas de spread.

Les fonds ayant une commission de surperformance sans High Water Mark sont listés dans le tableau ci-dessous. On notera que certains subordonnent le versement de la commission à une double condition qui joue en faveur de l'investisseur : battre l'indicateur retenu ET obtenir une performance positive.

 

Une communication déficiente sur les frais

Si tout le monde s'accorde à déclarer que les fournisseurs de produits d'investissement et les distributeurs doivent fournir une information transparente et à jour aux investisseurs, force est de constater qu'il reste des progrès à faire en matière de transparence sur les frais.

Nous avons examiné le dernier reporting mensuel en ligne pour chacun des 70 fonds de l'Observatoire pour voir si les sociétés de gestion mentionnaient dans ce document important les derniers frais courants de la part du fonds : ce n'est le cas que pour 14 fonds sur les 70 (soit 20%) : c'est peu, très peu, trop peu.

Tous les autres, à savoir 56 fonds sur les 70 (80%), ne fournissent dans leur reporting que les frais de gestion fixes maximum du prospectus, dont nous avons vu qu'ils étaient dans la quasi totalité des cas inférieurs aux frais courants : cette pratique revient à afficher un prix erroné induisant en erreur l'investisseur.

Une mesure très simple et peu onéreuse pour informer de manière transparente les investisseurs serait de mentionner systématiquement les frais courants, ainsi que la commission de surperformance, dans le reporting. Pour les porteurs de parts, c'est en effet le document le plus utile et le plus fréquemment consulté, c'est donc ici qu'il convient d'être transparent sur les frais, et pas seulement dans le DICI, mis à jour a minima une fois par an et sans doute moins consulté par les porteurs de parts que le reporting mensuel.

Qui sont les bons élèves de la transparence ? Des gérants ayant une distribution internationale très étendue (mais certains géants globaux ne mentionnent pas les frais courants dans le reporting) et quelques rares boutiques. Majoritairement, les fonds concernés ont des frais courants relativement peu élevés. Malheureusement, si le montant des frais courants est fourni par ces bons élèves, celui de la commission de performance ne l'est presque jamais. Encore un petit effort...

 

Les frais : un paramètre essentiel souvent négligé

Les frais de gestion viennent en déduction de la performance du fonds. Il est donc essentiel de les minimiser pour maximiser la performance nette de frais, ce que peu d'investisseurs non professionnels font. Il est usuel de négocier le prix d'une voiture neuve, absolument pas d'essayer de faire baisser les frais de gestion : c'est d'ailleurs généralement impossible pour le commun des investisseurs, qui doit donc être particulièrement attentif avant d'investir, mais également après avoir investi.

A cet égard, la plupart des sociétés de gestion ne facilitent pas la tâche des investisseurs : on l'a vu, les reportings mensuels des fonds ne mentionnent quasiment jamais le niveau des frais courants, mais celui des frais de gestion maximum du prospectus, plus faible que la réalité.

On l'a vu aussi, certaines sociétés de gestion ont la main très lourde pour les frais de leur fonds flexible. A l'heure où les rendements attendus des classes d'actifs sont orientés à la baisse en raison des taux d'intérêt très bas imposés par les politiques accommodantes des principales banques centrales, il devient difficile de délivrer sur la durée un rendement acceptables aux investisseurs avec des frais courants supérieurs à 3%.

On rappellera par ailleurs que les OPCVM sont souvent logés dans l'enveloppe assurance vie, où ils supportent des frais supplémentaires allant de 0.5% à plus de 1% selon les contrats. Dans ce cas, il convient de faire encore plus attention aux frais de gestion des fonds.

Aux investisseurs et à leurs conseillers de dialoguer avec les sociétés de gestion pour qu'elles facturent un niveau de frais juste et raisonnable. Ou bien de voter avec leurs pieds en vendant les fonds dont la gestion est trop onéreuse au regard des performances délivrées : en matière de produits financiers aussi, caveat emptor.

Un fichier csv, s'ouvrant avec un logiciel de type Excel et reprenant toutes les données utilisées pour cette étude, est accessible en téléchargement ici.

Philippe Maupas , CFA, CAIA, CIPM, est co-fondateur de Quantalys et éditorialiste.