Observatoire : bilan 2015

Publié le 04/02/2016 - Philippe Maupas
Hétérogénéité des performances et volatilité au menu pour les 80 flexibles de l'Observatoire

Trimestre après trimestre (ici la dernière étude arrêtée au 30 septembre 2015), notre étude des fonds de l'Observatoire de la Gestion Flexible montre les différences de comportement au sein d'une stratégie qui est tout sauf homogène.

2015 ne déroge pas à cette règle, avec une très grande hétérogénéité dans les performances des 80 fonds de l'Observatoire (voir ici la liste des entrées récentes). 

Rappelons que la durée minimum d'investissement recommandée des fonds flexibles est généralement supérieure ou égale à 3 ans et qu'une analyse de la performance sur une durée d'un an ne permet pas de tirer de conclusion sur la qualité de la gestion.

 

Performances : le grand écart

Regardons tout d'abord la performance moyenne de nos 4 catégories flexibles. La hiérarchie des rendements a été respectée, puisque les 2 catégories prudentes ont enregistré des performances moindres que les 2 catégories sans contraintes de poids de la poche actions.

Et les flexibles Europe ont fait mieux que les flexibles Monde, ces derniers ayant été pénalisés par les performances moyennes des marchés actions aux Etats-Unis et mauvaises des marchés émergents.

Sur les 80 fonds étudiés par l'Observatoire, 66 ont enregistré une performance positive et 14 une performance négative. L'écart entre le meilleur fonds (+33,28%) et le moins bon (-11,7%) atteint le niveau phénoménal de 44,98%.

Si l'on regarde le couple rendement/risque, la dispersion apparaît clairement sur le graphique ci-dessous : tous les fonds se répartissent dans une plage de volatilité allant de 2 à 20%, l'exception en haut à droite du graphique étant l'inclassable H2O Multistratégies.

 

Qu'ont fait vos 10 flexibles favoris ?

Début janvier, nous avons publié une série de tweets sur la performance 2015 de vos 10 flexibles favoris (vous pouvez nous suivre sur Twitter en cliquant ici). En voici le fil.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Des pertes maximum parfois très élevées

L'année n'a pas été de tout repos et certains fonds ont enregistré des pertes maximum très élevées. Le fonds le plus résistant a été Afer Patrimoine, avec une baisse maximum de 3,06%. Le moins résistant a été R Valor, avec une baisse maximum de 22,04%.

 

Le graphique ci-dessous indique la performance sur l'axe vertical et la perte maximum sur l'axe horizontal. L'emplacement le plus désirable est donc au nord-est, à savoir en haut (la plus haute performance possible) et à droite (la perte maximum la plus faible).

On notera que Sextant Grand Large réussit à concilier deux caractéristiques que l'on retrouve rarement ensemble : une très bonne performance (+13,6%, voir ci-dessus) et une faible baisse.

Quant au fonds le plus surprenant, il s'agit de H2O Multistratégies : il enregistre à la fois la 2ème perte maximum la plus élevée (-21,1%) et la performance la plus élevée (33,28%). Un fonds réservé aux estomacs les moins sensibles à la volatilité.

 

Et demain ?

Au risque de nous répéter, une durée d'un an est insuffisante pour juger de la qualité de la gestion d'un fonds flexible, qui s'apprécie au minimum sur 3 ans, voire sur un cycle boursier complet (hausse et baisse).

Rappelons en outre que les marchés actions et obligations ont connu une tendance majoritairement haussière de mars 2009 à la fin de 2015 : les performances affichées par les fonds flexibles sur cette période (voir graphique ci-dessous) nous semblent très élevées.

Il est par conséquent peu probable que les performances futures soient aussi exceptionnelles dans le contexte actuel de taux bas, voire négatifs, et d'interrogations sur le potentiel de croissance économique mondial, alors que le moteur chinois ne fonctionne plus à plein régime.

Philippe Maupas , CFA, CAIA, CIPM, est co-fondateur de Quantalys et éditorialiste.